Lucas Alamán an Alexander von Humboldt, 20. Mai 1821 bis spätestens 14. Februar 1822

|79r| Questions de Mr. d’Humboldt.[a]

ch cette lettre se prononce-t-elle entierement comme en Espagnol chicuntetl p. e. comme chiquito? Cette prononciation reste-t-elle la même lorsque le ch est suivi d’une consonne, comme dans ichcatl, ichtequini, ichpochtli etc?

Reponse, Affirmativement aux deux questions.

Les Grammairiens semblent se servir indifferemment du ç et du z. Les deux lettres sont elles les mêmes, et n’y a-t-il entre cia et la finale liztli d’autre difference que celle que le ç dans le prémier |sic| de ces mots est suivi d’une voyelle, et le z dans l’autre d’une consonne? Comment cette prononciation differe-t-elle de la prononciation du z. et del’s |sic| Espagnol?

Reponse. Anciennement les imprimeurs Espagnols employaient le ç qu’on appeloit cedilla á |sic| la place du z ou indifferemment; par consequent c’est la même lettre et également en mexicain. Entre cia et la finale liztli la difference est que dans la premiere le |79v| c doit étre |sic| prononce |sic| comme le s simple au commencement ou au milieu de diccion |sic| en italien et français, et dans la seconde la proposi <prononciation> est plus forte mais toujours un s. comme le double ss dans ces deux langues.

La prononciation du c differe du z et du s Espagnol. 1.° en ce que, avant un e ou un i est celle qu’on vient de dire pour cia, et la même qu’auroient en pareil cas le z ou le s, en sorte que on les écrit indifferemment, et c’est par cela que dans l’usage commun on ne s’en sert pas <ou presque pas> du s et au contraire on emploie très souvent le c ou le z. mais avant les voyelles a, o, u le c se prononce tout à fait comme en Espagnol. 2.° A la fin de la diction on prononce le c comme en français coignac, armagnac, et dans le même cas le z garde sa prononciation comme s. p. e. totoniac, totoniz. cate, coyotl, cui, comme en Esp. cara, corazon, cui.

La sillabe hua (et du même hue) se prononce-t-elle comme une, ou comme deux sillabes, et l’h a-t-il vraîment le son d’un g, ainsi que le soutiennent les Grammairiens? Cette prononciation de l’ h |80r| reste-t-elle la même, lorsque la sillabe hua se trouve incorporée dans un mot entier par exemple en cihuatl ou l’h ne se prononce-t-il pas alors? Quelques uns des Grammairiens le mettent constamment dans ces cas, d’autres jamais.

Reponse. Hua, hue se prononçent comme deux sillabes hu-a, hu-e.

La prononciation du g et du h sont très resemblantes, mais pour la seconde on presse un peu plus les levres, ou l’on aspire très légerement. Au milieu de la diccion et avant et après un u on prononce le h tout á fait comme un g: mais avant les voyelles a i o et même après la prononciation reste comme en Espagnol dans les mots hombre, comprehender. p. e. Xihcihui on prononceroit Xi!cigui, ahmo a!mo, ahocmo[b] a!ocmo, zahtepan[c] sa!tepan. Quelques fois on prononce le h comme un double ss par ex. ihia ihiac.

Il parait certain que la langue mexicaine n’a point de lettre gutturale (á |sic| moins que l’x n’en soit une). Mais exîste-t-il un y consonne |80v| et un son pareil á |sic| celui de l’y Espagnol dans les mots ya yegua? et l’y dans les mots mexicains yaotl, yel, yollotl, se prononce-t-il ainsi, et forme-t-il une même sillabe avec la voyelle qui le suit, ou se prononce-t-il simplement comme la voyelle i? et ya comme deux sillabes i-a?

Reponse. Il n’y a pas de lettres gutturales et quant á |sic| la prononciation du x, voyez le paragrafe suivant. Le y est consonne comme l’y Espagnol, et par consequent ya-otl, yo-llotl se prononcent comme ya yegua. Il faut remarquer que le double ll dans le mot yollotl se prononce comme dans l’italien. villa et nullement comme en Espagnol, et que le tl se prononce cl partout où on le trouve en sorte que yaotl yollotl doivent étre prononcé ya-ocl, yol-locl. Les Grammairiens ne font pas cette observation.

Quelle est la prononciation de l’ x mexicaine, xiuitl, xochitl, xixiui, mexitl? Cette |81r| lettre á |sic| deux prononciations très differentes en Espagnol, l’une gutturale xabon, l’autre de lettre double exâmen, exôtico. Laquelle de ces deux prononciations est propre á |sic| l’x mexicain? ou cette lettre mexicaine en a-t-elle une troisieme differente des deux, ainsi que Tapia semble l’indiquer dans sa Grammaire? Quelle est pour lors cette prononciation? Le son de l’x. est-il toujours le même, ou varie-t-il selon les combinaisons dans les quelles cette lettre entre avec d’autres qui la suivent ou la precedent?

Reponse. La prononciation du x mexicain est tout-á-fait |sic| differente des deux prononciations que cette lettre a en Espagnol. En mexicain il n’y a pas de prononciation semblable à la gutturale du x Espagnol dans le mot Xabon. Il faut remarquer que d’après l’orthographe actuellement en usage en Espagne, on a substitué le j dans tous les cas où l’on se servoit du x |81v| gutturale, p. e. jabon. La veritable prononciation du x mexicain ne peut étre |sic| expliqué que de vive voix, mais on peut dire que elle est un terme moyen entre le ch français dans les mots comme choquer et le double ss italien, en sorte que, elle n’est pas si forte comme la premiere et elle l’est plus forte que la seconde. Elle est toujours la même au commencement, milieu et fin du mot.

Je dois les explications anterieures á l’obligeante bonté de Mr. Castorena, indien, plein de talent et d’instruction, actuellement Deputé aux Cortès nommé par la Province de Mexico[d]. Il est impossible d’obtenir des explications á |sic| Madrid, sur les autres langues Americaines; s’il y a d’autres doutes sur le mexicain ils seront également satisfaits. Quant aux |82r| autres articles je garderai la note de Mr. d’Humboldt, pour tacher de repondre á |sic| Mexico.

Outre les ouvrages marqués par Mr. d’Humboldt, il existe une grammaire mexicaine du Pere Carochi, et une autre de la même langue de Sandoval imprimée a Mexico l’année 1810. On ne les trouve pas á |sic| Madrid excepté par hasard, ainsi que les autres ouvrages que Mr. d’Humboldt met dans sa note. On tachera de les trouver á |sic| Mexico.


Alaman
|avh| <Deputé de Guanaxuato
aux Cortes>

Fußnoten

    1. a |Editor| Alexander von Humboldt stand bereits 1823 mit Alamán in Kontakt. Anscheinend war der Fragenkatalog Wilhelms über seinen Bruder an Alamán gelangt.
    2. b |Editor| Von Humboldt über der Zeile notiert: "Paredes. p. XXI. ohne h"
    3. c |Editor| Von Humboldt über der Zeile notiert: "Paredes. p. 159. ohne h"
    4. d |Editor| Luciano Castorena war seit dem 20. Mai 1821 Deputierter der spanischen Cortes für das Jahr 1821; siehe Charles R. Berry, The Election of the Mexican Deputies to the Spanish Cortes, 1810–1822. In: Nettie Lee Benson (Hrsg.) (2014): Mexico and the Spanish Cortes, 1810–1822. Eight Essays, Austin TX: University of Texas Press, S. 34 Table 6. Die Sitzungsperiode dauerte bis zum 14. Februar 1822. Daher ist der Brief zwischen dem 20. Mai 1821 und spätestens dem 14. Februar des folgenden Jahres zu datieren. Wahrscheinlicher ist ein früheres Enddatum, da Mexiko bereits am 27. September 1821 die Unabhängigkeit von Spanien erklärte. Auch Lucas Alamán gehörte zu den Deputierten der Cortes für das Jahr 1821; siehe unten die Notiz Alexander von Humboldts sowie Berry a.O. [FZ]