Lucas Alamán an Alexander von Humboldt, Datierung unklar

|83r| Je suis faché de ne pouvoir pas répondre aux nouvelles questions que Mr. de Humboldt m’adresse avec la même certitude que je l’ai fait aux autres: mais Mr. Castorena[a] s’étant embarqué pour rétourner dans son pays, je suis privé de son sécours et je ne connois personne qui ait les connoissances que lui sur ce sujet en Europe: je garderai la note de Mr. de Humboldt et je tacherai á mon rétour dans le Méxique de me procurer tous les renseignements necessaires pour resoudre les doutes que Mr. de Humboldt me propose et tous ceux qu’il pourra avoir sur les autres langues indiennes et qu’il voudra bien me communiquer.

1.

Quand j’ai dit que le s. le c (avant e et i) et le z. (ou le ç) se prononcent en Méxicain comme le s français, ou italien au commencement et au milieu des mots, il faut entendre que dans le Méxicain on ne fait point de difference entre le commencement et le milieu des mots, et que dans les deux cas, ces lettres se prononcent comme le s français, ou plus justement comme le s espagnol comme dans les deux exemples que Mr. de Humboldt cite Señior, Sencillo, et encore dans acusacion, disposicion.

2.

Je ne puis établir de régle génerale pour les cas oú le h doit étre prononcé comme deux ss. mais j’ai lieu de croire que cela arrive toutes les fois que le h se trouve entre deux i. Je crois avoir expliqué la prononciation de ce double ss dans la quelle il y a un peu de sifflement.

3.

Le h final n’a pas une prononciation comme lettre, mais elle fait aspirer la voyele qui la precede. Il ne faut pas perdre de vue que les premiers espagnols qui passerent en Amérique étoient de l’Andalousie ou de l’Extremadure ou l’on conserve une prononciation qui tient beaucoup de l’Arabe: dans le dialect de ces deux provinces |83v| on aspire fortement le j, et de la vient que les écrivains qui en sont issus, disent que l’aspiration finale des méxicains est le j espagnol. Comme dans les mêmes provinces on ne fait pas dans la prononciation du s. du c. et du z. la difference que font les Castillans c’est par cela qu’on a écrit indiferentement ces lettres pour le s mexicain.

4.

Je croirois pouvoir attribuer l’irrégularité qu’on rémarque par rapport au tl prononcé comme cl á la résemblance de ces deux prononciations: on aura cru au commencement qu’on disoit tl, et on l’aura écrit ainsi: on aura observé aprés que la prononciation étoit cl et l’écriture ayant deja passé en principe on l’aura conservé en rectifiant la prononciation. Les erreurs grossiers qu’on trouve dans les ouvrages des conquerants me le fairoient[b] croire: il n’y a que voir la maniere dans la quelle Cortés écrit dans ses lettres Temistitan, Guatimozin, et plusieurs autres mots qu’il auroit du bien connoitre, pour s’en convaincre: mais la reflexion de Mr. de Humboldt tirée des mots semblables de la langue Cora est tellement forte qu’elle parait detruire ma suposition et éxiger des récherches que je ne pourrois faire qu’au Méxique même: mais il est toujours certain que l’usage aujourduy est de prononcer cl. et non pas tl comme on écrit.


Alaman

Fußnoten

    1. a |Editor| Luciano Castorena war seit dem 20. Mai 1821 Deputierter der spanischen Cortes für das Jahr 1821; siehe Charles R. Berry, The Election of the Mexican Deputies to the Spanish Cortes, 1810–1822. In: Nettie Lee Benson (Hrsg.), Mexico and the Spanish Cortes, 1810–1822. Eight Essays. University of Texas Press 2014, S. 34 Table 6. Die Sitzungsperiode dauerte bis zum 14. Februar 1822. Daher ist der Brief spätestens nach dem Ende der Sitzungsperiode und der damit verbundenen Rückreise Castorenas nach Mexiko zu datieren. Wahrscheinlicher ist ein früheres Enddatum, da Mexiko bereits am 27. September 1821 die Unabhängigkeit von Spanien erklärte. [FZ]
    2. b |Editor| Geschrieben: "fairoit"