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Wilhelm von Humboldt an Jean-François Champollion le jeune, 08.03.1826

|231r| Monsieur,

Je ne saurois Vous exprimer, Monsieur, combien j’ai été sensible à la bonté avec laquelle Vous avez répondû d’une manière aussi détaillée à mes questions sur quelques passages de nos Manuscrits Egyptiens. Votre lettre du 12. Février de l’année dernière m’est arrivée, il y a quelques mois, & a été une véritable source d’instruction pour moi. Je l’ai étudiée soigneusement & je la consulte encore souvent. On ne sauroit assez apprécier cette complaisance avec laquelle Vous communiquez, Monsieur, sans réserve Vos découvertes importantes à ceux qui s’y intéressent. Elle caractérise le vrai savant & l’homme sincèrement zêlé pour l’avancement des connoissances utiles, & j’espère que Vous voudrez bien me permettre de saisir la première occasion qui se présentera, pour témoigner publiquement la haute éstime que Vous m’avez inspirée aussi par cette qualité qui Vous distingue si éminemment.

Je regrette vivement de ne pas pouvoir Vous envoyer aujourd’hui, Monsieur, copies des passages de nos manuscrits funéraires que Vous desiriez avoir[a]. J’ai eû la maladdresse de ne pas pouvoir les trouver jusqu’à présent, quoiqu’il me paroit pourtant qu’aussi nos manuscrits doivent renfermer ces invocations de divinités dont les noms Vous ont frappés par leur singularité. Je continuerai mes recherches, & j’y serois peut-être plus heureux si Vous vouliez bien m’indiquer les colonnes dans lesquelles ces noms sont |231v| mentionnés dans le Papyrus de la déscription de l’Egypte. Quant à l’analogie de ces noms avec des mots Sanscrits, j’avoue qu’elle ne m’a pas frappé.

Je prends la liberté de Vous addresser encore aujourd’hui, Monsieur, quelques questions sur des monumens Egyptiens que nous possédons ici. Vous m’obligeriez très-particulièrement, si Vous vouliez y répondre aussitôt que Vos occupations Vous le permettent. Ce n’est qu’après avoir reçu Vos éclaircissemens que je ferois imprimer mon petit mémoire. Je me ferois un devoir & un plaisir d’y déclarer que les explications sur lesquelles je suis resté douteux, me viennent de Votre part, Monsieur.

Cela ne seroit peut-être pas inutile dans le moment présent. M.r Seyffarth publie à présent son nouveau système & l’on verroit que ceux qui, comme moi, s’occupent de cette étude sans avoir la prétention d’y briller par des découvertes & et de nouvelles vues, ainsi sans ambition & partialité, continuent à savoir Votre système & le regardent comme le seul véritablement fondé sur des preuves de fait. L’ouvrage de M.r Seyffarth n’est pas encore mis en vente & je suis fâché de ne pas pouvoir Vous en envoyer un exemplaire dans ce moment. Mais j’ai eû occasion de le voir & de le lire attentivement. Je ne voudrois pas anticiper sur le jugement que Vous en porterez, Monsieur. Je me borne à Vous dire que je reste absolument fidèle à Vos principes & que, jusqu’ici au moins, je n’ai pas pû me convaincre de la vérité du nouveau système établi par M.r Seyffarth. Voilà ce que je lui ai écrit moi-même. M.r Seyffarth donne entr’ autres la traduction d’un passage du |232r| manuscrit funéraire de la déscription de l’Egypte. Ce passage renferme le nom du défunt, mais la traduction dit toute autre chose que cela & il n’y a pas le moindre petit soupçon du nom d’un mortel dans la <l’>explication de M.r Seyffarth. Le tems décidera entre son système & le Vôtre, Monsieur. Mais il me semble que M.r Seyffarth auroit, en établissant un nouveau systeme, dû attaquer et combattre celui qui existoit avant lui. Mais c’est ce qu’il ne fait pas, il parle au contraire avec beaucoup d’éloges des Vos explications de plusieurs noms propres. M.r Seyffarth est un homme d’un caractère fort éstimable & d’un mérite littéraire établi par d’autres ouvrages. Je suis bien loin aussi de m’arroger un jugement décisif sur celui qu’il a publié àprésent. Je vous parle simplement, Monsieur, d’après mes convictions, <convictions> d’après l’impression que la lecture qu’une première lecture m’en a laissée. M.r Seyffarth entreprend un grand voyage dans ce moment. Il va visiter Turin, Rome & je crois aussi Paris. Je suis sûr que Vous aurez plaisir à Vous entretenir avec lui, s’il avoit celui de Vous rencontrer quelque part. La diversité de systêmes ne sauroit désunir deux personnes animées du même zèle pour les sciences & occupés de la même étude.

J’ai l’honneur d’être avec la considération la plus distinguée,
Monsieur,
Vôtre
très-humble & très-obéissant
Serviteur
Humboldt
á Berlin, ce 8. Mars, 1826.
|232v, von der Hand Champollions| Repondu de Livourne le 12 juin


|Anhang|

|220r| Le Musée Royal possède trois statues de déesses léontocéphales assises dont deux ont été apportées de l’Egypte par Mr. le Comte de Sack et une par Mr. le Général de Minutoli. Je désigne dans le dessin ci joint les inscriptions des deux premières par A. et B. celle de la troisième par C. J’ai fait copier les trois colonnes d’hieroglyphes qui accompagnent le prénom, et la phrase qui précede le nom de deux des statues, ainsi que le nom lui-même de la statue de Mr. de Minutoli. Dans les deux autres il est presqu’ effacé, quoiqu’ encore reconnoissable. Les signes qui suivent les cartouches du prénom et du nom sont dans les trois statues absolument les mêmes dans les deux colonnes.

C’est sur ces statues et leurs inscriptions hieroglyphiques que je prends la liberté de Vous addresser, Monsieur, les questions suivantes.

1.
Si j’ai bien saisi, Monsieur, Vos idées sur la déesse Neith, on la trouve sous trois qualifications différentes.

1., comme déesse du premier ordre, compagne d’Amon, caractérisée par le vautour sur la tête et même par la tête de belier.

J’ignore, si elle porte jamais dans cette qualité une tête de lion et j’en doute. Je la trouve à la vérité avec une tête de lion dans Votre Pantheon (Cahier 2. pl. 1. 6.bis) mais c’est dans une figure composée de membres de divers animaux.

2., également comme déesse du prémier ordre, considérée comme veillant à la conservation des êtres, semblable à la Minerve de la Mythologie grecque, caractérisée par une tête de lion.

|220v| 3., comme déesse du second ordre, ayant également la tête de lion, compagne de l’Hercule Egyptien, aussi appellée Tafne.

Je suis douteux, si je dois donner aux statues dont Vous parlez p. 44 de Votre lettre à Mr. le Duc de Blacas, Monsieur, le nom de Neith, ainsi que Vous semblez le faire dans ce passage, ou bien celui de Tafne, ainsi que Vous le faites p. 211 de Votre Précis, et que le fait Mr. Gazzera, sans doute d’après les données que Vous lui avez fournies.

La différence est au reste peu sensible, et il se peut facilement que la Mythologie Egyptienne elle-même confondoit ces deux qualifications.

Mais ce qui est plus important, c’est que je ne trouve absolument pas de traces dans aucun ouvrage que j’ai consulté, du nom de la déesse Tafné. Vous ne citez pas, Monsieur, le monument duquel Vous l’avez pris, et Vous m’obligeriez infiniment, si Vous voulez bien m’indiquer, d’où Vous l’avez puisé? Dans les numeros de Votre Pantheon qui existent ici, Vous ne parlez pas encore de cette déesse.

Croyez Vous que la petite figure accroupie que Vous trouverez dans les dessins ci-joints (A. B.) au dessous des cartouches du prénom, soit le signe symbolique de la déesse Tafne? La tête en paroit en effèt allongée comme une tête d’animal, mais la pierre n’est pas assez bien conservée pour que j’aye pû distinguer clairement si le sculpteur a voulû représenter une tête humaine ou une tête de lion?

2.
Auriez-Vous jamais trouvé, Monsieur|,| le nom de la Déesse Neith écrit phonétiquement? Je n’en connois pas d’exemples dans Vos ouvrages.

|221r| Le nom que Mr. Salt (Essay on Dr. Youngs cet. p. 36. Pl. 3. B.) lit ainsi, me semble être indubitablement celui de la Déesse Netpe, quoi-qu’il seroit intéressant de savoir, si Mr. Salt a jamais rencontré ce nom sur des monumens sans l’hieroglyphe du ciel, puisqu’il dit seulement “these hieroglyphics being generally followed cet.”

J’ignore ce que je dois penser du nom ανεφθε donné par Mr. Salt p. 47? Auroit-il pris un k  Sankskrit pour un p  Sankskrit et seroit-ce le nom de la déesse Anok suivi de l’article féminin et du signe figuratif déesse?

Mais ce qui m’a beaucoup frappé, c’est que Mr. Bankes veut avoir trouvé dans une inscription grecque le nom d’Αθηνα comme synonyme de Netphe.

3.
Mr. Gazzera (Descrizione dei Monumenti Egizj. p. 21.) soutient qu’Amenof et Amenoftep sont toujours des noms différens. Cette assertion ne seroit-elle pas trop positive?

Vous dites le contraire, Monsieur, dans Votre Précis (p. 238.) quoi-que Vous distinguiez aussi dans Votre Lettre à Mr. le Duc de Blacas (p. 23. 38–41.) le nom du chef de la dynastie, Amenoftep, du nom de ces deux successeurs, Amenof, que Vous qualifiez de 1mier et 2me et non pas de 2me et de 3me.

Mais ce qui me semble prouver entièrement l’identité des deux noms, c’est que Mr. Salt donne (Pl. 4. nr. 11.) dans deux cartouches accouplés le prénom royal d’Amenophis 2. accompagné clairement du nom d’Amenoftep. Ici donc Amenophis 2. porte également le nom du chef de sa famille.

|221v| Que faut il penser de deux cartouches d’un temple d’Elephantine (Descr. de l’Egypte. Vol. 1. pl. 36. nr. 3.) où à côté du prénom d’Amenophis 2. on voit un nom que je lirois ⲈⲚⲦⲞⲚⲦⲤ? Est-ce simplement une inscription mal copiée malgré l’assurance du contraire donnée dans le texte?

J’ai aussi été étonné de voir (Lettre à Mr. le Duc de Blacas. p. 86) que le même prénom puisse être commun à deux rois.

La gravure que Mr. Salt donne de la table d’Abydos ne me semble pas entièrement convenir avec le dessin de Mr. Cailliaud tel que Vous le décrivez, Monsieur, dans Votre Précis (p. 245.). Car je ne trouve que 17 prénoms royaux (au lieu de 21) dans la seconde série chez Mr. Salt. Je seroit bien à désirer que le dessin de Mr. Cailliaud fût aussi publié.

4.
Mr. Gazzera traduit le titre qui suit le nom d’Amenof, et dont Vous dites dans Votre Précis (p. 235.) que le sens en est encore ignoré, Presidente della regione superiore.

Je trouve dans Votre Pantheon, Monsieur, (Cahier 6. pl. 15.) que le lituus est en effèt le symbole de la surveillance, et de l’administration. Mais je cherche envain l’explication du dernier signe. J’ignore même ce qu’il doit représenter figurativement. Car quoiqu’il ressemble aux bâtons ornées du coucoupha, il en paroît néanmoins différent.

La lettre k  Sankskrit se trouvant entre ces deux signes, je ne crois pas devoir la prendre ici pour la marque de la 2. personne du singulier, mais plutôt pour l’abbréviation du mot ⲕⲁϩⲓ. Il n’est pour lors pas étonnant que cette lettre manque quelquefois après le nom d’Amenof 2. com-|222r|me p. e. dans une des inscription du grand temple d’Onabos. (Déscription de l’Egypte. T. 1. pl. 43. nr. 12. 13.)

5.
Comment expliquez Vous, Monsieur, phonétiquement et en paroles Coptes les trois signes qui dans toutes les inscriptions des statues léontocephales que je connoisse, suivent immédiatement le prénom royal? Vous les traduisez de la déesse gardienne, mais le mot de déesse est indiqué, je crois, par le signe figuratif. Mr. Gazzera (p. 18 Pl. 3. nr. 2.) traduit tout court da Tafnet. Vous observerez, Monsieur, que le premier signe de ce grouppe dans les statues de Berlin diffère du même dans les statues de Turin. Dans ces dernières il ressemble presqu’à l’ornement que la déesse Netphe porte sur la tête (Précis du syst. hier. Pl. 4 nr. 83.) dans les nôtres on pourroit le prendre pour une rame.

Dans le nr. 3. de la Pl. 3. de Mr. Gazzera se trouve un grouppe de quatre signes qu’il traduit posseditrice della regione superiore. Je reconnois la région supérieure dans la partie intérieure du Pschent, l’s qui suit, peut être le Pronom féminin ou un déterminatif sa, portion, contrée, mais que signifient phonétiquement les deux signes qui précèdent ⲥⲁ ou ⲁⲥ?

Vous verrez, Monsieur, que dans le dessin ci-joint (B.) le participe ⲙⲉⲓ est suivi de l’article féminin, du signe de seigneur et d’un hieroglyphe qui me laisse dans le doute, s’il doit être le bâton désignant ⲧⲟ, monde, ou deux sceptres affrontés, . Dans ce dernier cas il me rappelleroit le groupe de Votre Pantheon (Cahier 7. pl. 15. 6.) quoique le déterminatif: contrée manque ici. Peut-être l’s est-il le pronom auquel se réfère ⲙⲉⲓ. Mais ce pronom en écriture hieroglyphique se |222v| trouve ordinairement après le participe.

D’après ce que Vous avez eû la bonté de me dire dans Votre lettre, Monsieur, je lis les signes (Dessin ci-joint. c.)  Sankskrit avec l’article féminin ⲛⲟϥⲣⲓⲑ, la bienfaisante. Il est cependant à remarquer que le signe du ϥ, le céraste, manque ici.

Mais comment expliquez Vous, Monsieur, les deux fléaux posés sur un globe ou sur le disque du soleil? Le même signe se trouve sur un fragment d’Edfou (Déscription de l’Egypte T. 1. pl. 57. nr. 8.) au dessous d’un cheval et à côté de la lettre s, et dans les Manuscrits funéraires. Ne seroit-il pas le même que celui que Vous donnez comme s au nr. 102 de Votre Alphabet? (l. c. Vol. 2. pl. 75. col. 23.) Dans notre monument il est suivi des signes du pluriel.

Mr. Gazzera traduit les deux derniers signes du nr. C. du dessin ci-joint vivificatore. Je suppose que le premier que Vous expliquez (Précis du syst. hier. Pl. 3. nr. 3) par t. est ici la lettre Copte ϯ, donner, celui qui donne. L’autre est le symbole de la vie divine. Ces deux signes s’écriroient donc en Copte ϯⲱⲛⲑ et pour en faire un Substantif, le Copte moderne y ajouteroit le Préfixe ⲣⲉϥ. Mais quel est, Monsieur, le mot Copte que Vous avez en vue lorsque Vous traduisez  Sankskrit par supplions?

J’oserois Vous addresser la même question, Monsieur, sur la groupe  Sankskrit que Vous rendez par les mots: pour toujours. Phonétiquement j’y vois les lettres ⲧⲧⲛ.

Le groupe qui manque à nos inscriptions, mais qui est dans celui de Turin (Gazzera. Pl. 3. nr. 2.)  Sankskrit signifie: comme Re. Mais quel signe proprement est celui que Vous traduisez par ⲛⲧⲉ dans Votre Précis (p. 159. 160)?

|223r| 6.
La colonne d’hieroglyphes qui accompagne le nom d’Amenophis présente dans une des Statues de Berlin après les mots fils du soleil quatre signes dont je prends le deuxième pour celui que Vous donnez, Monsieur, nr. 445 de Votre Précis. Je lis en conséquence ⲛⲁⲁϥ ⲧⲏⲓϥ, fils du soleil, du grand qui le donne.

7.
Je vois par la dissertation de Mr. Gazzera que Vous expliquez, Monsieur, l’ornement qui se trouve aux côtés des thrônes des figures leontocephales (Gazzera p. 19. Pl. 4. nr. 4.) par les mots: soutien de la haute et de la basse Egypte, et j’ai lû avec le plus grand intérêt ce que Vous dites du symbole de ces deux contrées dans Votre Pantheon. (Cahier 7. pl. 7. A. B.) Mais je prends la liberté de Vous addresser, Monsieur, deux questions à cet égard.

1. L’instrument autour duquel les noeuds de Lotos sont formés, n’est-il pas la même théorbe, emblême de la bienfaisance? Sa forme diffère un peu à la vérité, mais cette même variante se retrouve dans d’autres monumens où ce signe est indubitablement celui que je viens d’indiquer. (Déscript. de l’Egypte. T. 1. pl. 36. nr. 3. T. 2. pl. 21. nr. 2.)

2. De quelle manière distinguez-Vous, Monsieur, dans notre ornement la Haute Egypte de la basse? Dans les quatre figures de plantes de l’inscription de Rosette les deux qui désignent la Basse-Egypte, ont les tiges brisées et pendantes. Ici cette distinction ne se trouve pas, et toutes les fois que cet ornement est accompagné de deux figures humaines ces dernières portent sur leurs têtes chacune les mêmes plantes de Lotos ayant constamment les deux tiges extérieures brisées. (Déscript. |223v| de l’Egypte. T. 1. pl. 10. nr. 5. T. 2. pl. 21. nr. 2. pl. 28.) La Basse-Egypte paroitroit donc seule indiquée dans cet emblême.

|Bl. 224 und 225 umfassen die Darstellungen der Hieroglyphen auf den Sachmet-Statuen|

Anmerkungen

    1. a |Editor| Siehe den Anhang unten.

    Über diesen Brief

    Eigenhändig; Anhang in Schreiberschrift
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    Quellen

    Handschrift
    • Grundlage der Edition: Paris, BNF, Nouvelles Acquisitions Françaises 20357, fol. 231–232; fol. 220–223
    Druck
    • Hartleben 1906, Bd. 2, S. 160, Anm.; Messling 2008, S. 381–390
    Nachweis
    • Mattson 1980, Nr. 7582

    In diesem Brief

    Zitierhinweis

    Wilhelm von Humboldt an Jean-François Champollion le jeune, 08.03.1826. In: Wilhelm von Humboldt: Online-Edition der Sprachwissenschaftlichen Korrespondenz. Berlin. Version vom 31.08.2020. URL: https://wvh-briefe.bbaw.de/570

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