1. Startseite
  2. Briefe
  3. Nr. 731

Alexander von Humboldt an Wilhelm von Humboldt, 01.04.1820

Mille remercîmens, cher ami, de tes deux aimables lettres. J’ai beaucoup ri du dîner et je ne le crois pas accidental. Ce n’est qu’avec un changement total dans la marche des affaires qu’un nouveau Ministère pourrait aller de toute autre manière, ce ne serait qu’augmenter les entraves. L’expression dont tu te sers, cher ami, qu’il y avait moins de disharmonie dans les principes que dans la marche de l’administration, m’a presque fait de la peine. Depuis les eaux de Carlsbad ce sont justement ces principes que l’on fuit presque dans la totalité de l’Europe et qui commencent à ôter même à ce pays la tranquillité dont on jouissait, que je déplore. On agite à force de dire qu’on est agité. Cela me rappelle ces médecins qui, après avoir donné force d’exciter, s’étonnent que le malade a le sang enflammé. Je n’ai point oublié ta question sur le x mexicain: comme les Indiens prononcent les noms des villes à peu près comme les blancs et que ceux-ci ont cru peindre la prononciation mexicaine non par ks mais par un jota ou x, je penserais que les Aztèques auraient dit Mejico, si le mot avait existé de leur tems. J’avoue que malheureusement je n’y ai pas réfléchie dans le pays, mais avec le courrier prochain je te donnerai quelque notion plus exacte. Je vais consulter Mad. d’Asouza qui est Mexicaine et doit avoir eu des domestiques Indiens. Que Dieu veuille qu’ils n’ayent pas été Otomits. Avec le courrier prochain tu auras aussi ce précieux livre sur les langues de l’Amérique sept.. le meilleur qu’on ait fait et dont j’ai tant de peine à me séparer. Aujourd’hui je t’envoye un livre très curieux que j’ai acheté d’après tes ordres pour 24. fr. (Tu m’as écrit d’acheter tout ce qui a rapport aux langues.) C’est un des livres les plus savans et des plus sûrs qui aient paru depuis 30 ans. Il est judicieusement fait et prouve qu’outre les langues il n’y a pas grand chose à récolter sur ce prétendu plateau. Je t’ai placé des signes et quoique les idées générales soyent peu philosophiques (beaucoup de conventionel) je pense que ce livre feuilleté par toi, te fera naître beaucoup d’idées. Tu ne me parles pas de la santé de la chère Li, ce qui me fait penser que cela va un peu mieux. Comme j’ai gagné un peu d’argent je fais en ce moment achever pour toi mon grand portrait en pié.[a] Il partira je pense dans un mois et j’espère que ce petit cadeau Vous fera plaisir. Le tableau me représente en 1803 et la ressemblance est de cette époque. A présent les neiges du fond du tableau commencent à couvrir le devant. Je grisonne, je blanchis, pour le dire plus directement. Ecris-moi quelque chose sur Buch (pourquoi son livre des Canaries, que j’attends comme le Messie, ne paraît pas?) Ecris-moi sur le voyage du Gl Menu en Egypte. Ce général va te donner 36 francs pour une Chrestomathie Arabe que je lui ai envoyée et que je te mettrai ici en compte. Je te jure que cela sera la dernière fois que je t’incommoderai ainsi. J’ai chargé M. Humblot de quelques livres, que tu voudras bien m’envoyer par le courrier de Goltz par petits paquets. J’ai vu hier le Gl Tauentzien qui revenait tout effrayé d’une Séance de la Chambre des Députés. Il en avait le mal de mer comme les Ministres et tous ceux qui voyent pour la première fois cette mer et ces orages politiques. Cette arrivée du Général ruine ce pauvre Goltz, il en est au second dîner. C’est le cas de dire comme le Conservateur qui répète sans cesse: "où allons-nous?". Je fais des démarches pour faire nommer Kunth de l’Académie de Berlin, membre, non correspondant. Tu m’avais fait nommer Oltmanns, tout ce que j’ai eu de bien dans ce monde, je l’ai par toi. Tâche de nous aider un peu cette fois-ci. Nous avons eu ici (hier) un nouvel échantillon de l’éloquence française de M. Schöll, une lettre dans le journal des Débats sur une nouvelle absurde qu’on a oublié il y a 3 mois. On a ri de l’àpropos et du style de marais. M. S. engage sa parole pour prouver que c’est une historiette. Comme j’ai été dans cette lettre moins prudent qu’à l’ordinaire je vais ajouter encore la question de savoir si Schöll et Koref (Dii minorum gentium) vivent très éloignés de ta famille? Mes assertions doivent se mesurer sur les tiennes. Dis-moi comment ils ont été pour toi. Dis-moi aussi si Bülow viendra encore au comble de son désir, de s’approcher de toi. Dis-moi tout cela si tu le crois convenable. Mille tendres et tendres amitiés.


A. Humboldt.
Paris ce 1. Avril 1820.

Un Persan doit être facile à trouver à Berlin. Je te prie de faire donner cette lettre à Hadji Rahim qui viendra à Berlin, de Vienne avec des Shawls. Peut-être n’est il point encore arrivé. Un agent du Prince Impérial Abas Mirza (agent que nous avons ici et qui m’est très utile) m’a donné cette lettre.

Anmerkungen

    1. a |Editor| Gemeint ist das von Carl von Steuben im Jahr 1812 begonnene und erst 1820 fertiggestellte Gemälde; siehe Halina Nelken (1980): Alexander von Humboldt. Bildnisse und Künstler. Eine dokumentierte Ikonographie, Berlin: Riemer, S. 80–83, mit Abb. auf S. 82. Das Bildnis ist wohl 1945 verbrannt. [FZ]
    Zitierhinweis

    Alexander von Humboldt an Wilhelm von Humboldt, 01.04.1820. In: Wilhelm von Humboldt: Online-Edition der Sprachwissenschaftlichen Korrespondenz. Berlin. Version vom 18.10.2021. URL: https://wvh-briefe.bbaw.de/731

    Download

    Dieses Dokument als TEI-XML herunterladen

    Versionsgeschichte

    Frühere Version des Dokuments in der archivierten Webansicht ansehen