Guido Tomás Marlière an Wilhelm von Humboldt, 09.07.1827

|133r| Monsieur

J’ai reçû, malheureusement bien tard, celle dont vous avez bien voulu m’honorer, datée de Berlin le 13 août de l’année dernière, en chemin pour me rendre à cette Capitale de la Province de Minas Geraes où je ne séjournerai que fortpeu, pour m’en retourner parmi mes Botocudos nouvellement convertis à la societé, et qui, <ne> souffrent mon absence du Rio-Doce qu’avec beaucoup d’impatience. Ce n’est donc, Monsieur, qu’à mon retour dans les forêts où j’ai laissé les brouillons de tout ce qui a rapport aux Indiens, et leurs idiomes que je satisferai avec plaisir à vos questions sur ce dernier objet, et j’aurai de plus celui de vous envoyer mon travail sur la langue de la nombreuse et vaillante Nation des Botocudos, inconnue jusqu’à present au monde scientifique, aucun voyageur naturaliste n’ayant pénétré chez eux à cause du danger qu’il y avait, excepté Mr. le Prince de Newied [a] qui n’en a vu qu’un faible échantillon sur la Côte maritime de la Province de Espirito Santo. Persuadez-vous, Monsieur que je ferai mon possible pour auxilier|?|, autant que mes faibles lumières le permettront, l’in-|133v|téressant travail dont vous vous êtes chargé;
mais je lamente de n’avoir apporté chez les Indiens, où le sort m’a jetté, qu’un bon cœur et peu au point de connaissance en Histoire Nâturelle, ce qui me fait ronger les doigts de désespoir d’avoir employé ma jeunesse a apprendre l’art de détruire les hommes: il eut été bien plus beau, plus utile pour l’humanité et <agréable> pour moi, de venir apporter des secours et des lumières à cette intéressante partie des habitans de l’Amérique, q |sic| nous apellons sauvages, et que j’aime à la folie<.> Veuillez Monsieur, en attendant agréer l’hommage de la haute estime avec laquelle j’ai l’honneur d’être

Monsieur
Votre très humble et
très obt. Serviteur
Guido Th. Marlière
Colonel-Directeur General
des Indiens de Minas Geraes.

Imperial Cidade de Ouro-Preto, 9 Juillet
1827.

P. S. Mon estimable ami, Mr Olfers vient de m’apprendre la mort de Mr. le Marquis de Rouge [b].

Ne serait-il pas possible d’avoir des nouvelles du Precis Historique des Coroatos? Si M. de Malte-Brun ne l’a pas, il est dans les papiers de celui-là.

|134r/v vacat|

Fußnoten

    1. a |Editor| Prinz Maximilian Alexander Philipp zu Wied-Neuwied (1782–1867); 1815 bis 1817 führte er seine Expedition nach Brasilien durch und dokumentierte die Flora, Fauna und die indigene Bevölkerung, u.a. die Botocudos. Die Ergebnisse dieser Expedition veröffentliche er 1820/21 unter dem Titel Reise nach Brasilien in den Jahren 1815 bis 1817 .
    2. b |Editor| Eventuell handelt es sich um Bonabes Louis Victurnien Alexis Marquis de Rougé, der jedoch erst im Jahr 1839 starb.